Je teste : 3 semaines sans sucre

Une interview de Danièle Gerkens (auteure de Zéro Sucre), une vidéo d’Alys Boucher, une Enquête de santé, un Cash Investigation : je trouve qu’on parle beaucoup des méfaits du sucre dans l’alimentation ces derniers temps (ou bien que le débat, fertile il y a un an ou deux, refait surface avec la mode « healthy »). Toutes ces émissions, et les livres sur le sujet, pointent du doigt le fait que nous consommons bien trop de sucre au quotidien. Entendons-nous bien dès le départ, je parle de sucre raffiné, ce sucre que l’industrie agro-alimentaire ajoute un peu partout (mais genre… PARTOUT), celui dont nous n’avons vraisemblablement pas besoin. Ce sucre, issu de la betterave sucrière bien de chez nous, se distingue des sucres dits « naturels« , comme le fructose (sucre des fruits), le lactose (sucre du lait) et l’amidon. Si ces derniers sont vitaux à notre fonctionnement (notamment pour notre cerveau, si j’ai bien tout compris), le sucre raffiné quant à lui peut s’avérer très nocif pour la santé. Sans aller jusqu’à vous parler de diabète ou d’obésité (les meilleurs amis du Nutella), j’ai vu une petite liste de problèmes de santé engendrés par le sucre assez préoccupants.

 

Photo trouvée sur Pinterest

 

Dans les émissions que j’ai vues, les spécialistes parlent carrément de « drogue », arguant une étude sur les souris avec laquelle ma diététicienne n’est pas d’accord (donc, je ne trancherai pas sur la véracité du propos). Ce qui m’a le plus choqué, c’est évidemment la petite machination de l’industrie agro-alimentaire qui tâche de nous en refourguer le plus possible (je vous laisse vous faire vos propres avis), non pas dans une dynamique sanitaire mais bien financière (évidemment). Quand on voit d’une part OU on en trouve (un exemple, les sauces salades, même allégées), et en QUELLES quantités, là ça commence à faire peur. Bien sûr, c’est comme pour tout : non, un carré de sucre ne va pas vous tuer. Sauf que c’est comme les pesticides, ou les perturbateurs endocriniens qui font débat en cosmétiques : à force d’en coller partout, on s’avale des doses et des cocktails hallucinants. Pensez-y.

 

 Petit déjeuner ? Les céréales, la pâte à tartiner, la brioche, le sucre dans le café, le chocolat en poudre, les yaourts aux fruits, la compote.

 

 Le goûter ? Idem, plus les gâteaux, les boissons sucrées…

 

 Et les repas ? Les sauces salades, les carottes râpées sous-vide, les plats préparés, les crèmes desserts, la charcuterie (ça c’est un débat à elle toute seule, clairement).

 

 Vous voyez où je veux en venir ?

 

 Mais, pourquoi l’arrêter ? 

 

 Si vous tapez « sevrage de sucre« , on trouve moult articles, ou vidéos sur le sujet. Chacun(e) a ses raisons de le faire, souvent des raisons de santé. J’ai proposé à ma diététicienne de tester une période sans sucre pour voir comment j’allais réagir, ce qu’elle a validé. Sans prôner le « sans sucre », elle a constaté des progrès chez ses patients qui l’ont fait, et au vu des « bienfaits » que l’arrêt du sucre engendre, je me suis dit pourquoi pas. Notez que je n’ai pas de problèmes de diabète, et que je n’ai pas un surpoids inquiétant. Simplement, j’ai du mal à perdre du poids dans ma démarche, et, spoiler alert, la graisse abdominale vient en partie… du sucre. Parce que – encore une fois – si j’ai bien compris, quand on fait un effort, le corps tape dans le sucre. Mais si le sucre n’est pas « grillé », « consommé » de cette façon par l’effort physique, il se transforme gentiment en graisse qui vient se greffer sur la zone abdominale. Pour celles ou ceux qui se diraient « ah ouais, moche », moche oui, mais dangereux surtout, car c’est dans cette zone que se cache la mauvaise graisse, et c’est dans cette zone qu’elle est le plus tenace. De fait, vous l’aurez sûrement déjà déduit, si le corps n’a pas de sucre à consommer, il tape dans les graisses pour y trouver de l’énergie.

 

 Bon, là j’aurais bien lâché un « ta-da », mais restons sérieux.

 


 


Photo trouvée sur Pinterest

 

 Comment ça se passe ?

 

 Concrètement, on supprime de son alimentation tout le sucre raffiné. Si beaucoup d’aliments comportant du sucre sont facilement identifiables (sucreries, chocolat, pâtisseries, viennoiseries, sodas, confitures…), d’autres le sont moins, et il va donc falloir lire les étiquettes, ou, à défaut, se passer le plus possible des produits transformés « tout faits ». En règle général, le « sucre » est marqué dans la liste des ingrédients en tant que tel, mais parfois il est présent sous d’autres termes (saccharose, glucose, sirop de glucose-fructose…). En général, c’est là qu’on se rend compte de sa présence, jusque là ignorée. En général, le sucre est présent en tant qu’exhausteur de goût (comme le sel), ou bien en tant que « cache-misère« , comme c’est le cas dans le pain de mie, où on le bourre de sucre pour planquer le goût chimique, sans quoi personne n’en mangerait. Ça, c’est dit.

 

 Un petit exercice ? Prenez n’importe quel emballage, je vous invite à lire les valeurs énergétiques. Vous voyez, l’indication « glucides, dont sucres« , pour 100g ? Ben notez bien le chiffre du « sucres » : c’est votre pourcentage dans le produit. A titre indicatif, dans un sachet de Belvita petit déjeuner, on peut lire 28g, donc, 28% de sucre. Et dans une tablette de super Milka deluxe avec le caramel et les cacahuètes ? 45g, donc 45% de sucres. Bim. Et alors si vous avez chez vous des céréales pour enfants ou du Nesquik, lâchez-vous, ça vaut le détour… Je pense que même si les étiquettes restent une science très (très) obscure, cela vous donne une bonne indication…

 

 Alors au début, ça peut faire peur, mais sachant qu’on a toujours les mêmes produits, il « suffit » de les remplacer par d’autres qui n’ont pas de sucre ajouté. Je pense qu’en première approche, il est intéressant de dresser la liste (ohwi, une liste), de ce qu’on mange sur une journée, pour observer nos habitudes alimentaires, et pouvoir constater combien on ingère de sucre. Puis, on essaie de supprimer un produit, ou une habitude, puis deux, puis trois, ou bien de réduire sa dose de sucre dans son café/thé, son nombre de verres de soda/jour…

 

 Les clefs ? Tabler sur les sucres naturels, chopper des épices, et avoir de bons produits. Évidemment  c’est mieux de cuisiner soi-même (autant qu’on peut).

 

 A l’heure où je rédige cet article, j’en suis au cinquième jour. Ma diététicienne m’a conseillé de faire deux semaines, et selon mon état, de continuer une semaine, ou de réintégrer un peu plus tôt (progressivement) le sucre dans mon alimentation. A ce stade, ça va encore bien. Certes je ne suis pas la personne la plus atteinte par la folie du sucre (loin de là), mais pour certains aliments clés, c’est compliqué. Je m’aide surtout avec les fruits, crus ou cuits, frais ou séchés (attention à regarder les étiquettes, dans certains ils ajoutent du sucre), et des oléagineux (bref, l’alimentation Instagram ahah.)

 

 Quels sont les effets ? 

 

 J’évoque ici les effets « théoriques » que j’ai pu lire, parce que c’est apparemment au bout de 2-3 semaines qu’on les observe. En vrac, on trouve la perte d’appétit, une plus belle peau, une perte de poids (du coup, même si je doute manger « assez » de sucre pour créer un delta intéressant), un regain d’énergie, des saveurs plus accrues, une meilleure humeur.

 

 Ça vend du rêve, un peu non ? Reste à voir si ce n’est que du rêve ou bien si ça se ressent vraiment. Je commence à constater une baisse d’appétit, et un petit regain d’énergie, mais ça me semble trop tôt pour en tirer des conclusions. Je vous retrouve donc dans deux semaines si je tiens le coup pour vous faire un petit bilan !

 


Et vous, quelle relation entretenez-vous avec le sucre ? 
Ca vous ferait peur d’arrêter totalement le sucre, même pour une petite période ? 
Vous avez déjà tenté l’expérience ? Racontez-moi tout ! 
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2 commentaires sur “Je teste : 3 semaines sans sucre

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  1. Un article qui réveille ma conscience, merci !
    Après la puberté, mon corps a commencé à s’enrober, rien de dramatique puisqu’on me voyait les côtes mais effectivement ça s’est un peu plus accumulé au niveau du ventre. Après quelques années, j’ai diminué drastiquement ma consommation de charcuteries et fromages, moins de crème aussi, bref j’ai fait gaffe aux gras. Je n’ai pas du tout pensé aux sucres… maintenant que je lis ton article, je me dis qu’il y a matière à creuser cette piste même si j’ai une alimentation plutôt saine.
    J’ai pris comme habitude ces derniers mois de consommer des mueslis dans mes yaourts en guise de dessert ou de goûté, pour leurs apports en protéines/lipides/fibres végétales. Évidemment je sucre mon yaourt (sucre de canne roux), c’est hyper sucré et donc délicieux. Suite à ton article, j’ai été voir la liste des ingrédients : sucre de canne, sucre de canne complet, miel, sirop de malt… Gloups ! J’ai donc essayé de prendre mon yaourt nature + muesli seul, ce n’était pas assez sucré à mon goût. J’ai donc mis un peu de sucre, beaucoup moins que d’habitude. C’est mieux passé. Deux jours après j’ai retenté sans ajout de sucre. C’est encore un peu « fade » mais je commence à m’y faire.
    J’ai aussi regardé mon emballage de yaourt : 26 % de sucres. What ?! Ingrédients : lait, crème, ferments. 0 sucre. Ha… Je me renseigne : c’est le lactose, normal.
    Du coup je me rends compte qu’il ne suffit pas de regarder le tableau nutritionnel mais aussi absolument la liste des ingrédients. Et encore, quand on lit « sucre », on ne sait pas ce qui se cache derrière, du bon ou du mauvais ?

    Comment as-tu procédé pour stopper les sucres de ton alimentation ? Je veux dire, tu as arrêté les produits avec pour ingrédients du sucre et tu as arrêté le sucre blanc en ajout ?

    Et pour répondre à ta question : oui ça me ferait peur d’arrêter le sucre ! Je suis réfractaire à tous les extrêmes quel que soit le domaine, ça entraîne trop de travers. Dans le cas présent, je pense qu’il ne faut pas arrêter le sucre mais plutôt contrôler les quantités et les types de sucres ingérés. Si on aime le goût du sucré, on peut par exemple utiliser du miel ou au moins du sucre non raffiné. Et puis il y a toujours quelques produits dont on est absolument fan sans qu’ils soient forcément bons pour la santé. Si on en prend une fois de temps à autres, il n’y a pas de problème par exemple. Ou le chocolat, si c’est un carré par jour, pareil ça ne déséquilibrera pas notre alimentation. Ensuite stopper net d’un coup, ça me paraît provocateur de manque, de privation surtout. Je crois qu’il faudrait plutôt diminuer les doses progressivement. Un palais habitué à manger très sucré aura du mal à s’en passer, alors qu’en y allant progressivement, il s’y habitue.

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    1. Merci beaucoup à toi d’avoir pris le temps de partager ton avis ! En effet, mon objectif n’a jamais été de diaboliser le sucre mais bien de faire prendre conscience des doses qu’on ingère sans le savoir. Tu évoques (à juste titre je pense) le fromage et la charcuterie : on le sait, ce sont des aliments gras et souvent trop salés, mais on ne pense en effet pas vraiment aux sucres, contre lesquels on nous met en garde surtout en ce qui concerne la santé de nos dents (et à partir de là, quand on a une bonne hygiène, on se dit que ce n’est plus un problème). A la rigueur, on se dit que les injonctions à ne manger « ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré » qu’on voit à la télé concernent les soda, et de là, c’est à nous de juger de notre consommation et de l’équilibre général de notre alimentation. Le problème c’est qu’on ne porte pas encore assez attention aux ingrédients des produits, tu vois, rien qu’avec ton muesli tu découvres des choses (alors que tu l’avais choisi pour ses autres apports). L’expérience de réduire est bonne, c’est le temps que le palais s’y fasse ; le goût sucré est comme le goût salé, ou épicé, plus on en prend, plus on en a besoin, mais ce n’est pas irréversible. Après, pour t’aider à réduire le sucre dans ton dessert (si je reprends ton exemple), tu peux y ajouter des saveurs en plus : des fruits frais coupés, des fruits séchés (sans sucres ajoutés), une compote (toujours sans sucre ajouté), ou bien encore des épices (cannelle, par exemple). Je trouve également que des zestes de citron marchent très bien, ils donnent un pep’s très frais !
      Pour ce qui est des étiquettes, et c’est en général ce point que dénoncent les émissions que j’ai regardées, c’est qu’elles ne sont absolument pas claires, puisqu’en effet, si on prend le cas des yaourts, entre la mention « sucre » qui peut être ajouté (dans ceux aux fruits, par exemple), et la quantité de sucre dans les apports nutritionnels, on n’a aucun moyen de savoir quel est le pourcentage de sucre naturel (lactose) et celui de sucre ajouté. Cela dit, toute composition est rédigée dans l’ordre décroissant des pourcentages (en alimentation comme en cosmétique, si je ne m’abuse), donc on peut se référer à la liste des ingrédients et à la place du sucre pour juger de sa dose dans le produit. Par exemple, pour certaines boissons, on va voir « eau, sucre… » et ensuite le reste, on peut donc en conclure qu’il y en a pas mal. Si je prends l’exemple d’un pot de guacamole industriel en revanche, j’ai constaté que le sucre était en fin de composition (pour une raison de texture), il y en a donc peu. Ce n’est bien sûr pas une science exacte, puisqu’on n’a pas de vrais chiffres, mais cela permet d’équilibrer sa consommation, et je pense que rien que cette démarche est déjà très positive.
      Pour arrêter le sucre j’ai écarté de mon alimentation tout ce qui a des sucres ajoutés (ceux où il y a marqué « sucre » dans la liste des ingrédients). Donc les confitures, les gâteaux industriels, le chocolat (je précise que je n’aime pas le chocolat noir, donc je mange ceux avec le plus de sucre), mais aussi les sauces industriels (principalement). En ce qui concerne mes ajouts de sucre, je les ai déjà arrêté. Je n’en prends pas dans mon thé, je ne bois pas de café, et j’ai pris l’habitude de manger la plupart de mes yaourts natures sans rien. Le seul « sucre » que j’ajoute régulièrement, c’est une cuillère de miel dans mon lait d’or (boisson au lait végétal et aux épices, aux vertus anti-inflammatoires qui sont souvent nécessaires à ma santé).

      Je pense que tu résumes assez bien mon avis. Un arrêt total me parait délicat. Lors de mon expérience, c’était assez facile puisque je la faisais dans un temps limité. C’est éprouvant de regarder toujours les étiquettes et de virer systématiquement les produits qui en contiennent, et de plus, tu parles d’extrêmes et de travers, et là dessus je suis entièrement d’accord avec toi, les problèmes alimentaires (pour ne pas dire psychoses) se développent vraiment très vite, il faut donc y faire très attention. Tout est une question de conscience et d’équilibre. Apprendre à reconnaître les produits très sucrés, choisir ceux qui le sont peut-être moins inutilement, et garder l’équilibre général de ses goûts ainsi que de son alimentation. La privation n’est jamais bonne, mais tout est une question de prendre conscience de nos envies et de nos besoins. Mais tout cela, c’est un travail qui prend son temps (un temps différent selon chacun), l’alimentation étant le point crucial de notre quotidien (en tout cas pour beaucoup).

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