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Bonjour à tous ! 

Pour la première revue culturelle de ce blog, je vous propose un compte-rendu du dernier livre que j’ai lu :

L’Affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde, premier tome de la série Thursday Next (paru en 2001). 

Je me suis procurée les premiers tomes de la série à la suite de l’intervention d’une professeur quand j’étais en licence de lettres modernes. Il s’agissait d’un cours au demeurant très intéressant sur la culture moderne contemporaine, dont la séance avait pour titre « Le monde est une bibliothèque, la bibliothèque est un monde« . Il se proposait d’étudier des textes qui ont en commun la mise en scène d’un univers ou d’une planète qu’il faut préserver,  une forme de bibliothèque, et de prévenir le danger que représente la disparition de tout un univers par l’absence de lecture. On avait évoqué le concept d’uchronie, qui est, pour ceux qui l’ignorent, l’équivalent de l’utopie pour la dimension temporelle, c’est à dire le « non-temps ».

« Le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court, toute la face de la terre aurait changée. »
Blaise Pascal, Les Pensées, 162.

Pour indication, le cours a également abordé la série Doctor Who et Le Nom de la Rose. Et oui, vous l’avez compris, c’était ce genre de cours au fort caractère anxiogène puisqu’en sortant tu as listé plein de livres à lire, de films à voir, et les quelques 800 épisodes de Doctor Who à avaler. Gloups.

Je ne sais pas vous, mais personnellement, le concept d’une détective littéraire qui se balade dans les bouquins et discute avec d’illustres figures du patrimoine littéraire mondial (PAF, rien que ça !), ça me bottait vachement. Sans parler de l’idée, vraiment délicieuse, de pouvoir apprécier divers références littéraires, soit une sorte de plaisir qui tient à la fois de la relecture (on retrouve les personnages) et de la réinterprétation (puisque les personnages sortent un peu de leurs cages d’encre).

Je passerai donc les quelques quatre-cinq ans qui ont séparé ce moment de ma première plongée dans le monde de Thursday Next pour vous en donner mon avis.

Voici le résumé proposé en quatrième de couverture :

« Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu’une brigade spéciale a dû être créée pour s’occuper d’affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits.
Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l’origine des plus folles inventions, on a parfois envie d’un peu plus d’aventure.
Alors, lorsque Jane Eyre, l’héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d’une fin certaine…
« 

Mon avis : 

J’étais vraiment été séduite par ce premier tome. Comme vous l’aurez compris, le speech m’attirait beaucoup, et, comme qui dirait, j’en ai eu pour mon argent ! C’est un univers intéressant, très riche, et très inventif que Jasper Fforde nous propose. Je pense que le parti pris de placer son histoire dans le monde réel, et dans un pays proche (l’Angleterre), mais dont la réalité est légèrement différente de la nôtre (certains ont pour animal de compagnie un dodo – espèce disparue à la fin du XVIIe siècle… -, l’Angleterre est en guerre en Crimée contre les Russes depuis 130 ans, le pays de Galles est une république…) peut désarçonner un peu au début certains lecteurs (il faut accepter les modifications et les intégrer dans sa compréhension de la lecture, à l’inverse de la fantasy ou du merveilleux où d’emblée vous êtes projeté dans un ailleurs dont vous acceptez sans rechigner les règles et les apparences). Pour ma part, je m’y suis fait assez vite. Il faut dire que tout dans ce livre est fait pour vous mettre à l’aise : les personnages sont très attachants, et l’histoire pleine d’humour ! Les dialogues, les situations, les jeux de mots… La lecture est vraiment agréable. Pour qui aime la littérature, c’est comme plonger dans une bibliothèque. On croise des personnages de romans célèbres, on retrouve certaines citations illustres, et, chose que j’ai vraiment apprécié et qui revient tout le long du roman, on assiste aux grands débats qui secouent le monde littéraire, ici, la question de la paternité des œuvres de Shakespeare. Bacon ? Marlowe ? De Vere ? Chacun argumente en faveur de sa théorie, et chacun s’échoue pourtant sur des écueils…

Pour ce qui est de l’intrigue et de l’enchainement des évènements, je trouve que ce roman a un bon (très bon, même) rythme (vous voyez, ce genre de rythme gênant qui vous fait penser que, non, ce-n’est-pas-possible, je-ne-peux-pas-aller-me-coucher-après-la-fin-de-ce-chapitre). Rebondissements, coups inattendus… Ca ne s’arrête jamais ! Je ne vais pas trop en dire plus pour vous laisser vous faire un avis, d’autant que le résumé en dit déjà bien assez à mon goût… Pour ceux qui seraient un peu réticent, je précise que, d’après moi, on peut très bien lire ce livre même si on n’a jamais vu passer Chuzzlewit de Dickens ou Jane Eyre de Brontë. Je pense que l’expérience de lecture n’est pas la même, mais c’est une façon plutôt étonnante d’aborder ces ouvrages et d’en avoir une première approche. Je soupçonne Jasper Fforde de s’être donnée une mission : tout comme Thursday et les OpSpecs 27 luttent pour protéger le patrimoine littéraire, je pense que l’auteur de ce livre veut sensibiliser aussi le public à ce patrimoine en le dépoussiérant un grand coup et en donnant envie de le découvrir.

Il me reste 6 tomes à lire, et ça, c’est quand même vachement bien !

J’espère que cette petite chronique vous aura donné envie de vous (re)plonger dans cet univers déjanté !

Et pour ceux qui l’ont déjà lu, dîtes-moi ce que vous en avez pensé !

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